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Carlos Gardel voulait acheter une maison à Nice




arlos GARDEL, surnommé "El Morocho del Abasto”, avait décidé d'acheter une maison à Nice pour y accueillir ses proches et sa mère pendant qu'il honorait ses engagements artistiques.

La source des informations à ce sujet n'est certes pas abondante, mais d'une  grande fiabilité :
Élise Albertine Marie VIEULES, (plus connue sous son nom marital “Elise RAMIÈRES”), et qui était la belle fille de "Marissou"* déclara en 1975 au journaliste argentin Eduardo SAN PEDRO, à propos de GARDEL : "Carlos songeait acheter une grande et belle maison à Nice et il avait besoin de personnes de confiance. Il nous proposa d'en être les gardiens. A ce moment là, nous traversions une période très dificille, cela nous convenait parfaitement et résolvait nos problèmes économiques. De plus, le fait qu'il nous accordait autant de confiance nous réjouissait beaucoup. Malheureusement...   Malheureusement Carlos mourut dans cet accident d'aviation...."


* Marissou "la formidable" , selon le surnom que lui a attribué Carlos GARDEL lors de leur première rencontre, était une cousine germaine de Berthe GARDES, la mère de Carlos GARDEL. Elle habitait Albi et entretenait de bonnes relations avec sa cousine d'Argentine.



Photographie prise par “Pepe” FERNÁNDEZ qui illustre l'article d'Eduardo SAN PEDRO (Revue “Gente”, 1975)




Autre photo d'Élise RAMIÈRES prise par "Pepe" FERNÁNDEZ  lors de l'interview réalisée par Eduardo SAN PEDRO en 1975, et qui ne fut publiée que deux années  plus tard par la même revue "Gente" dans son  édition spéciale.


Ces déclarations sont corroborées dans la lettre que Berthe GARDES écrivit à Armando DEFINO (secrétaire et fondé de pouvoir de GARDEL), le 20 septembre 1934 : " Je ne sais pas si Carlitos vous dira dans sa lettre que nous avons décidé que je reste en France jusqu'à ce qu'il reparte pour Buenos Aires. Alors, tant que je pourrai voyager, j'irai avec lui à chaque fois qu'il partira; ainsi je ne souffrirai plus autant d'être séparée de lui, et comme nous l'avons envisagé, nous vivrons à Nice avec mon frère ( Jean Marie GARDES), parce que le climat est le meilleur de toute la France, et je crois que vous aussi, vous aimerez vivre avec nous".

Ci dessous: Extrait de la lettre en Espagnol de Berthe GARDES à Armando DEFINO.
 

Carlos GARDEL le confirme aussi dans sa lettre du 16 octobre 1934 à Armando DEFINO : " J'ai le projet d'acheter une maison à Nice pour ma mère et nous autres. Le climat est idéal pour elle et je la choisirai de manière à ce qu'il y ait du confort pour tous. Les maisons sont bon marché, là-bas. Ceci n'est qu'un projet, mais nous allons l'étudier". Au sujet de son séjour en France, il lui raconte : " J'ai passé d'excellents moments avec ma mère qui va très bien et j'ai connu une famille que jamais je n'aurais pensé avoir, tous des gens très bons et très agréables".


Ci dessous : Extrait de la lettre de GARDEL à Armando DEFINO



 
A la lecture de ces documents, nous avons souhaité mieux connaître Louis François RAMIÈRES, le fils de Marissou :
Louis François RAMIÈRES naquit à Albi le 28 janvier 1898 et décéda dans la même ville le 16 septembre 1964, à l'âge de 66 ans. Son acte de décès reproduit ci-après mentionne à tort qu'il était "divorcé" d' Élise VIEULES, erreur qui fut corrigée par une mention marginale datée du 22 novembre 1964 pour remplacer par le mot "époux" ce terme inexact.

Louis François RAMIÈRES était chauffeur de camions qui transportaient probablement du vin : Sur sa feuille de Registre Matricule, il est indiqué qu'il a travaillé aux caves de Montmirail à Gaillac (Tarn), et précédemment à Narbonne et Béziers, deux régions viticoles. Le même document précise qu'il souffrait de "laryngite chronique suspecte caractérisée par une infiltration des bandes ventriculaires, épaississement des cordes vocales dépolies et une présence de papillomes". En conséquence sa voix était voilée et rauque. A cela s'ajoutait une légère sclérose pulmonaire qui engendrait des troubles respiratoires. Ces lésions motivèrent l'octroi d'une pension militaire permanente.

Manifestement, sa santé précaire limitait ses possibilités de travail, ce qui expliquait la situation économique dificille que traversait ce couple.

Une fois de plus, GARDEL mettait en pratique son sens de la solidarité et sa générosité, dans une attitude analogue a celle qu'il eut envers Anaïs BEAUX et Fortunato MUÑIZ,  qu'il abrita chez lui avec un total désintéressement.

Il manquait peu de choses pour accomplir cette promesse qu'il fit à sa mère : " Je vais t'installer dans un palais en or"[i].  L'accident  de Medellin mit fin à ce projet....



Georges Galopa - Ana Turón
Le 11 juillet 2017




[i]     Revue "La canción Moderna" de Buenos Aires - 1936